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Fiche article

9782849742761
Henri Ey Médecin psychiatre et philosophe
Une œuvre de Robert M. Palem
Illustrée par Paul Ey
Ouvrage broché portant le numéro ISBN 9782849742761, vendu 20 € et classé au rayon « Histoire », publié le 08 juillet 2019 par les éditions Trabucaire, illustré en noir et blanc, large de 160 millimètres pour 240 de haut et comportant 322 pages.
Henry Ey (1900-1977) est ce médecin qui fut tout à la fois psychiatre, philosophe, épistémologue, historien, syndicaliste et qui était considéré à la fin du XXe siècle comme le plus grand psychiatre européen depuis Freud (Pr. KP. Kisker, Hanovre), comme le plus important psychiatre de la seconde moitié du XXe siècle (Pr. W O. Bastos, Brésil), un Ulysse catalan des temps modernes. Accessoirement lointain contemporain de Lacan qui était son «challenger» dans les années cinquante (A. Green). Ne serait-il pas le psychiatre du XXIe siècle ? comme le soutiennent l’auteur et ses amis depuis 1997 et le premier grand Colloque International sur l’homme et l’œuvre, à Perpignan.
Robert M. Palem, neuropsychiatre et Docteur en Médecine et en Psychologie, a connu Henri Ey et travaillé avec lui et sur son œuvre entre 1970 et 1977, après en avoir été nourri pendant ses formations antécédentes. Henri Ey, dans une correspondance du 18 octobre 1976, louait sa compréhension si profonde et si justement critique de sa pensée...

Extrait tiré de l'ouvrage :

« Quelqu’un a fait remarquer un jour que presque toutes les grandes figures historiques de la psychiatrie française sont issues du Midi de la France : d’un quadrilatère qui englobe la Provence, le Languedoc, la Gascogne et le Roussillon Henri Ey confirme cette règle avec éclat.
Lorsqu’il rendit visite à Gaëtan G. De Clerambault, le Maître de l’Infirmerie spéciale du dépôt à Paris en novembre 1925, celui-ci lui demanda d’où il était originaire et, Henri lui ayant répondu qu’il était catalan, De Clerambault, pensant certainement à Magnan, lui dit aimablement de son
pays qu’il était « une terre de grands psychiatres ». Henri commente : « J’en acceptais l’augure, ironiquement lancé dans l’éclat de son profond regard…»
On a dit de lui qu’il était « le plus grand psychiatre de son temps » (A.Green), « le plus grand psychiatre européen depuis Freud » (Pr Kisker, de Hanovre). Grand seigneur de l’esprit, clinicien, homme de terrain et homme de tribune, humaniste et métaphysicien de la connaissance, il est l’auteur du « livre psychiatrique du siècle » (C.J.Blanc) : c’est ainsi que l’on a qualifié le Traité des Hallucinations lorsqu’il a été publié en 1973, qui est un véritable Traité médico-philosophique de la nature de l’Homme. Seule la Psychopathologie générale de Karl Jaspers (1913) qui date donc un peu et, pire encore, le Traité sur l’aliénation mentale de Philippe Pinel au XIXe siècle (2ème
édition en 1809) soutiendraient peut-être la comparaison.

Esprit encyclopédique mais homme de synthèse, H.Ey laisse le souvenir d’une puissante intelligence au service d’une culture très étendue, non sélective, et d’une très remarquable ouverture d’esprit. Sa tolérance, André Green, son brillant mais turbulent élève, qui l’a souvent mise à l’épreuve, peut en témoigner : « L’essentiel n’était pas que nous le suivions, mais que nous rendions la psychiatrie vivante par nos controverses… ». Et son autre grand élève G.Lanteri-Laura : « Je ne sais rien de plus extraordinaire que la disponibilité intellectuelle et l’ouverture de cet homme qui avait élaboré assez tôt un système complet de psychiatrie, mais acceptait qu’on demeurât d’une autre opinion que lui ».
Les facettes de son talent étaient innombrables sur le cristal de la psychiatrie, dont il était à la fois le clinicien le plus pénétrant, le théoricien le plus fécond, l’enseignant le plus efficace et le défenseur le plus ardent.
Il appartient aussi à cette lignée, en voie d’extinction, de médecins philosophes (entendons par là grands médecins et grands philosophes) comme le furent, au XXe siècle, en France P.Janet et E.Minkowski, en Allemagne, K.Jaspers, en Suisse C.G.Jung et L.Binswanger.
Mais l’homme n’était pas moins attachant que le savant. Il a construit sa vie comme son œuvre, comme sa théorie organo-dynamique, à laquelle est attaché son nom, en pleine conscience, avec obstination, ténacité, opiniatreté, dans le siècle (lui pétri d’humanités) et dans le monde (lui qui n’aimait pas les mondanités inutiles).
De ce point de vue et conformément aux idées les plus communément admises sur ce que peut être « une vie réussie », il serait trop facile de l’opposer à Lacan, son contemporain, camarade d’internat et cadet d’un an (1901-1981), comme on opposa en son temps la robuste sérénité de Jung à l’angoisse et au pessimisme de Freud.
C’est d’une « vie totale » (J.Rouart) qu’à propos de Ey, comme des autres, il faudrait rendre compte (et que nous ne pouvons ici que faire entrevoir) pour comprendre l’œuvre qui restera comme un monument de la pensée psychiatrique et philosophique, d’une explication de l’homme
(corps et âme réconciliés). Il n’est pas « dualiste », ne croit pas à la séparation de la Psyché et du Soma, cancer de la psychologie (L.Binswanger).
Il est résolument « moniste », nous en reparlerons… « Si le psychique, pour se définir, doit s’opposer à quelque chose qui ne l’est pas, ce n’est pas à l’organique, c’est au fortuit, à ce qui est dépourvu de “signification ” » écrit-il en 1934.
Mais replaçons H.Ey dans son berceau natal : le Roussillon…
Né à Banyuls-dels-Aspres, dans les Pyrénées Orientales, le 10 août1900, Henri Ey s’inscrit dans la lignée d’une grande famille terrienne de viticulteurs profondément enracinée en pays catalan, et qui, chemin faisant, a produit sept médecins. Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants.
Son grand-père paternel était médecin, son grand-père maternel avocat.
Cette double racine n’est pas inintéressante pour qui voudrait comprendre Henri Ey par celles-ci. Le Professeur Raymond Sala nous en dira plus sur ce sujet, en fin d’ouvrage.
De cette famille de vieille souche, il héritera de valeurs morales traditionnelles, chrétiennes en particulier, auxquelles il demeurera très attaché.
Un christianisme profond mais pudique, sans ostentation ni prosélytisme, longtemps ignoré de ses proches collaborateurs.
Après avoir fréquenté l’école de Céret jusqu’en 1910, il poursuivit ses études secondaires (élevé, disait-il, « dans les bras de saint Dominique ») jusqu’au baccalauréat classique au collège de Sorèze, près de Castres, dans le Tarn, fondé au XVIIe siècle par les Bénédictins, puis renouvelé par les Dominicains, lorsque Lacordaire, en 1854, en prit la direction. Il y régnait un esprit tout à la fois et paradoxalement de libéralisme et de discipline intérieure, d’incitation à la culture, dont Henri Ey garda, semble-t-il, l’empreinte toute sa vie. Il n’en fut pas le seul.
À partir de 1917, on le retrouve à Toulouse où il s’engage dans la carrière médicale…
…puis il gagne Paris en 1920 où il poursuivra ses études de médecine et, accessoirement, de philosophie en Sorbonne.
Ce qu’était le Paris de ces années-là (1919-1925), Alain Jouffroy l’a, avec quelques autres, fort bien évoqué dans La vie réinventée, explosion des années 20 : « Le vieux monde éclate sous les coups de Modigliani, Soutine, Pascin, Kiki et ses amies, Man Ray, Breton, Soupault, Aragon, Tzara et Picabia. Nous naissons avec eux ». Le Manifeste du Surréalisme est de 1924, l’Évolution psychiatrique de 1925, la Société psychanalytique de Paris et la Revue française de Psychanalyse de 1926-27. Et tout cela se tient, à l’époque.
Henri Ey a dit que c’est en 1921 qu’il a découvert la Psychanalyse sur la plateforme d’un autobus, en lisant la Gazette des Hôpitaux. Cela, c’est pour la petite histoire ou la légende à laquelle lui- même a sans doute contribué.
Car, plus vraisemblablement, ce sont les Surréalistes - à lui comme à beaucoup d’autres en France- qui lui firent découvrir l’importance du Freudisme mieux que le discours médical, plutôt réservé et parfois franchement hostile.
Il resta physiquement extérieur au mouvement, mais pas du tout indifférent.
En 1960 à Sainte Anne, il avoue : « J’aime Salvador Dali pour être un des poètes avec qui je me sens les plus originaires affinités. Entre Figueras où “sa vie secrète” se métamorphosait dans une enfance assez merveilleuse pour n’être jamais dépassée et Céret où je m’ouvrais à la mienne, entre ces deux petites villes de chaque côté des Pyrénées, seul nous séparait l’envol d’un air de sardane… »
Paraphrasant un article de Breton en 1930 La médecine mentale devant le surréalisme, il fera, beaucoup plus tard, une mémorable conférence à l’Évolution psychiatrique intitulée La psychiatrie devant le surréalisme. Il s’y montre à la fois indulgent et sans concession excessive vis-à-vis de Breton, médecin défroqué qui n’en est pas à un malentendu près (après, déjà, sa visite à Freud en 1921).
Bienveillance de principe, dès les premières phrases, puisque Ey, psychiatre, tend la main à ce poète « ... aussi opposé qu’identique à lui-même, comme sa propre et symétrique image ». Dans les milieux bourgeois et même populaires de l’époque, on disait que les surréalistes étaient fous.
Et eux mimaient, singeaient la folie pour prouver que les fous ne l’étaient pas vraiment… ce qui ne prouvait rien du tout, naturellement : ni pour les fous, ni pour les surréalistes.
En 1930, dans L’immaculée conception, André Breton et Paul Éluard présentent ainsi leur critique de l’anthropologie bourgeoise sous forme d’« essais de simulation » des maladies mentales 6. Le but est, présenté par cet autre catalan de génie, visionnaire et facétieux, qu’est Salvador Dali, de « consacrer, d’une manière exemplairement didactique, les catégories libres de la pensée culminant dans l’aliénation mentale ». Henri Ey ne tombe cependant pas dans le piège : ... l’artiste surréaliste se donne les apparences de la folie, mais c’est « une libre-folie, c’est-à-dire une absence de folie ». L’automatisme, qui définit bien le pathologique, n’est pas l’automatisme consenti et recherché de Breton, mais l’automatisme forcé, automatisme d’impuissance.
Et, chapeau bas tout de même : « Les productions surréalistes sont des œuvres et les surréalistes ses artistes ». En revanche, « la production esthétique pathologique, celle qui émane directement de la folie, a une structure spéciale, elle n’est pas “œuvre d’art” mais naturel “objet d’art”… elle réalise ainsi l’idéal surréaliste qu’aucun surréaliste ne pourra jamais atteindre s’il n’est précisément fou ».
Henri Ey n’a jamais cru, par ailleurs, à la possibilité d’une « aliénation créatrice ».
« La folie ne produit pas d’œuvre d’art, elle n’est pas créatrice. Elle libère la matière esthétique, le noyau lyrique immanent à la nature humaine ». C’est en ce sens que la Folie a valeur humaine (P.Balvet), dignité, respectabilité.
C’est dans le cadre de l’Hôpital Sainte Anne (à Paris) que la personnalité d’Henri Ey va totalement s’épanouir.
Docteur en Médecine en 1926, il sera Chef de clinique des maladies nerveuses et mentales à la Faculté de Paris, de 1931 à 1933. Il aura eu pour chefs de service Paul Guiraud, Joseph Capgras, Auguste Marie, Henri Claude.
La Psychiatrie des années 1920 est figée, archaïque, n’arrive pas à décoller du plan botanique et à sortir des murs de l’Asile. La psychiatrie nosographique et organiciste du XIXe siècle, dont elle est l’héritière directe, est à la mesure de l’asile. Le malade mental se trouve pris dans le double carcan de l’asile devenu prison et de la doctrine fabriquée pour le justifier.
Ce qui fera de Ey, comme l’a très bien vu Jean Losserand, un double libérateur : du malade et du psychiatre. « En libérant le malade, Henri Ey ne veut pas supprimer la maladie mais réveiller le psychiatre ». »

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