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Fiche article

9782916724188
MADEMOISELLE RACHEL, l'étoile filante
Une œuvre d'Agnes Akerib
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Ouvrage broché portant le numéro ISBN 9782916724188, vendu 10 € et classé au rayon « Littérature », publié le 19 mai 2010 par les éditions TriArtis et d'un poids de 80 grammes.
Mademoiselle Rachel chantait dans les rues à l'âge de huit ans. Quelques années plus tard, après une entrée fracassante sur la scène du Théâtre-Français, elle allait devenir, dans le rôle de Phèdre, la plus grande tragédienne du XIXe siècle.
Elle déchaîna les ovations et les passions. Elle fut aimé par des princes, adulée par le tzar Nicolas, couverte de bijoux par les reines, les rois et les princes, comblée de richesses et d'honneurs.
De tous les coins du monde, elle adressa à ses amis, poètes, auteurs et critiques, à sa tribu cette famille qu'elle assuma jusqu'à se tuer à la tâche le récit de ses triomphes et de ses épuisements. J'ai dévoré en quelques années mes jours et mes nuits, écrit-elle. Du bas des Pyramides, je contemple vingt siècles évanouis dans les sables. Je me croyais pyramidale et je ne suis qu'une ombre qui passe. Comme je vois ici le néant des tragédiennes !
La belle étoile filante disparut le 3 janvier 1958. Elle avait trente-sept ans.

Extrait tiré de l'ouvrage :

« Théophile Gautier

Quand elle s’est avancée, pâle comme son propre fantôme, les yeux rouges dans son masque de marbre, les bras dénoués et morts, le corps inerte sous ses belles draperies à plis droits, il nous a semblé voir, non pas Mademoiselle Rachel, mais Phèdre elle-même. Le succès a été immense… Redemandée après le quatrième acte, Mademoiselle Rachel a eu le bon goût de ne pas reparaître, de peur de détruire l’illusion en se produisant sous sa propre physionomie. Des tonnerres d’applaudissements l’ont récompensée de cette réserve, à la chute du rideau.

Védel

De proche en proche l'enthousiasme se propagea comme une étincelle électrique, et chacun s'empressa d'accourir vers le sanctuaire qui recélait la divinité. Paris n'avait plus d'autre pensée, plus d'autre préoccupation, Rachel détournait à elle seule toute l'attention. Depuis la loge du portier jusqu'à la mansarde, elle était l'objet de tous les entretiens.
Ce fut alors un concours, une affluence de monde presque sans exemple. Toutes les issues de la Comédie-Française étaient encombrées, une garde nombreuse pouvait à peine contenir cette population qui menaçait de tout envahir. On parvenait avec beaucoup de difficultés à établir l'ordre.

Rachel à Madame de Girardin, Rouen, 1er juin 1843

Me voici respirant un peu l’air de nos provinces. Le public rouennais, qui a la réputation d'être très difficile et la prétention de le paraître, a bien voulu se montrer indulgent à mon égard ; il m'a applaudie, et il a fait un bien plus grand effort : il m'a écoutée. Or, vous savez sans doute que les habitants de cette bonne ville se promènent dans le parterre pendant la représentation et ne prêtent aux acteurs qu'une attention dédaigneuse. J'ai joué Phèdre d'abord, ensuite Marie Stuart, puis Polyeucte. Couronnes, bouquets, rien n'a manqué à la fête. Je devais partir aujourd'hui même pour Marseille, mais j'ai été obligée de céder aux instances réitérées de la direction, des abonnés, des collèges, etc.
Je joue donc encore demain…

Rachel à sa mère, Saint-Pétersbourg, 1854

Ma chère Mère
Hier soir, votre servante a été traitée comme une souveraine
Voilà que l'autre jour j'ai été invitée à un grand banquet donné en mon honneur au palais impérial. Rien que cela, la fille au père et à la mère Félix! C'était pour hier. Quel festin ! Voilà qu'à mon arrivée au palais de grands laquais galonnés et poudrés, tout comme chez nous, m'attendaient et m'escortent. L'un prend ma pelisse, l'autre me précède et m'annonce, et me voici dans un salon tout plein de dorures, où tout le monde se précipite au-devant de moi. C'est un grand-duc, frère de l'Empereur, qui vient lui-même m'offrir la main pour me conduire à la table du banquet, une table immense, très élevée, comme sur une estrade, mais peu nombreuse une trentaine de couverts seulement. Mais quel choix de convives ! La famille impériale, les grands-ducs, les petits ducs et les archiducs, tous les ducs enfin de tous les calibres, et tout ce tralala de princes et de princesses curieux et attentifs me dévorant des yeux, épiant mes moindres mouvements, mes paroles, mes sourires, en un mot, ne me quittant pas du regard. Eh bien ! ne croyez pas que j'aie été trop embarrassée. Pas le moins du monde. J'ai été comme d'habitude, au moins jusqu'au milieu du repas, qui d'ailleurs était fort bon.
Mais chacun paraissait beaucoup plus occupé de moi que des mets qui étaient servis. A ce moment, les toasts en mon honneur commencent. Il se passe alors un spectacle bien extraordinaire. Les jeunes archiducs, pour me voir de plus près, quittent leurs places, montent sur des chaises et mettent même un peu les pieds sur la table, j'allais dire dans le plat sans que cela ait l'air de choquer personne, tant il y a toujours encore un peu du sauvage, même dans les princes de ce pays-là.
Et les voilà qui poussent des cris, des bravos à m'assourdir, et qui me demandent de dire quelque chose. Répondre à des toasts par une tirade de tragédie, c'était bien étrange, mais je ne me suis pas laissé démonter pour si peu. Je me suis levée, et, reculant ma chaise, j'ai pris le geste le plus tragique de mon répertoire et je leur ai entamé la grande scène de Phèdre. Il se fit alors un silence de mort ; on aurait entendu voler une mouche, s'il y en avait dans ce pays-ci. Tous m'écoutaient religieusement, penchés vers moi, se bornant à des gestes admiratifs et à des murmures étouffés. Puis, quand j'eus fini, ce fut un nouvel assaut de cris, de bravos, et j'entonnai ou plutôt je déclamai avec beaucoup de chaleur l'hymne national russe. Alors ce ne fut plus de l'enthousiasme, ça devint du délire ; on s'empressa autour de moi, on me serrait les mains, on me remerciait ; j'étais la plus grande tragédienne du monde et des temps passés et futurs.

Rachel à Arsène Houssaye

J’ai dévoré en quelques années mes jours et mes nuits. Quand on n’a pas brûlé son cœur dans ses beaux jours, on ne peut le faire flamber à trente-cinq ans. Ni ni, c’est fini !... Du bas des Pyramides, je contemple vingt siècles évanouis dans les sables. Je me croyais pyramidale et je ne suis qu’une ombre qui passe. Comme je vois ici le néant des tragédiennes… Faites-moi bien vite un trou au Père-Lachaise et creusez-moi un trou dans vos souvenirs. J’écris ceci sans bien savoir ce que je dis, mais je sèche l’encre avec la poussière des reines d’Egypte.
Celle qui s’en va, Rachel.

Rachel à Monsieur Empis, Administrateur général de la Comédie-Française, 18 juin 1857

Monsieur l'Administrateur général,
J'ai le regret profond de vous annoncer que ma santé ne me permet pas d'espérer ma rentrée prochaine au Théâtre-Français. J'accepterai donc ce que le comité décidera à l'égard de ma retraite.
Agréez…

Paul de Saint-Victor

Qui ne se rappelle ce masque délicat et terrible, ces yeux pleins d’une flamme noire, ce geste parfait et rare, ces attitudes d’une si haute sculpture, cette démarche tantôt impérieuse comme l’entrée d’une reine, et tantôt glissante comme l’allure d’une divinité ?
 Il est beau de mourir ainsi, en emportant avec soi la clef d’un temple, le secret d’un sanctuaire, la destinée d’un art. Rachel s’est éteinte dans l’éclat de son génie et de sa beauté ; elle laisse l’impression d’un pur chef-d’œuvre brisé, d’un marbre détruit…

Rachel (… sa voix comme venue d’ailleurs)
J’aime qu’on m’aime comme j’aime quand j’aime. »

Du même auteur:

Agnès Akérib
Marcel Aymé, l’auteur célèbre des Contes du chat perché et de Passe-muraille, est tout à la fois romancier, dramaturge et journaliste.
Il s’est toujours voulu hors des partis. Mais, d’une fidélité absolue en amitié, il n’a cessé de lutter contre les injustices et les condamnations qu’il estime arbitraires. Il se révèlera un polémiste obstiné ; en avril 1950, il publiera son virulent pamphlet : « L’épuration et le délit d’opinion ».
Dans ses lettres transparaît la lucidité d’un homme qui ne craint pas les foudres des juges en écrivant la pièce cynique La Tête des autres, véritable manifeste contre la peine de mort. Et qui n’hésitera pas non plus à indisposer les instances littéraires et politiques d’après-guerre en refusant les honneurs.
10.00 €
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Agnès Akérib
James Ensor, salué comme «le prince d'Ostende», avec ses visions extravagantes et ses fulgurances colorées, se place dans la lignée. de Bosch et de Breughel. Auteur de gravures facétieuses, de caricatures acérées, plus connu pour ses masques: de carnaval foisonnant dans ses toiles, il ouvre la voie à la, peinture expressionniste an travers de ses paysages et portraits. L'artiste d'origine flamande revendique la Ian-gue Française. Ah! J'adore dessiner les beaux mots claironnés de lumière. Je, vous aime mots sensibles de nos douleurs, mots .rouges et citron d'Espagne, mots bleu d'acier des mouches élégantes, mots parfumés de soles vivantes, mots fins de roses et d'algues odorantes... Des extrais de ses Écrits se glissent dans la correspondance qu'..il entretient avec son amie Emma Lambotte, chroniqueuse d 'art, poète et mécène.
10.00 €
9782916724997
Agnes Akerib
Vincent, prolifique en peintures comme en écrits, a travaillé sur des centaines de toiles, accompagnées de centaines de lettres envoyées à Theo?; ce Théo, de quatre ans son cadet, qui disait de Vincent: «Mon frère plus que frère.» Theo aida Vincent des années durant à accomplir son œuvre magnifique, prodiguant ses conseils, apportant son soutien financier et sa tendre sollicitude. Il cherchait les meilleurs médecins, les meilleurs lieux de vie pour l’artiste qu’il admirait. Il savait que les hallucinations et les crises de son frère avaient d’autres origines que les abus dénoncés par certains. En retour, avec une lucidité inégalée, en particulier dans les trois derniers étés de leur vie – à peine six mois séparent leur disparition?–, Vincent respectait leur contrat moral, lui expédiait toiles peintes et dessins, se réjouissait de ses joies, partageait ses craintes, l’encourageait dans son métier de marchand d’art. Cette adaptation propose un nouveau regard sur les frères van Gogh.
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