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9782916724201
MADAME DE SEVIGNE va au théâtre
Une œuvre de Francoise Hamel
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Ouvrage broché portant le numéro ISBN 9782916724201, vendu 10 € et classé au rayon « Littérature », publié le 19 mai 2010 par les éditions TriArtis et d'un poids de 80 grammes.
Madame de Sévigné, de Paris ou de son château des Rochers à Vitré, écrit à sa fille, Madame de Grignan qui séjourne en Provence. Elle lui fait partager ses émotions, lui dévoile ses pensées gaies ou nostalgiques, évoque le théâtre : Les Femmes savantes de Molière font beaucoup rire l Epistolière. Mais c est à Corneille que va sa préférence : « Je suis folle de Corneille... Ma fille, gardons-nous bien de lui comparer Racine... Corneille, lui, vient de Rouen, « la fleur des bonnes villes », et n a nul besoin de se coucher au pied du lit du Roi pour lui lire des pièces pendant ses insomnies... Et pourtant, retour en grâce de Racine, car voici venir Phèdre... et voilà qu Esther, par la voix de la merveilleuse Champmeslé, bouleverse Roi, Princes, Ducs et prélats...jusqu à Madame de Sévigné elle-même.
Madame de Sévigné aime évoquer l art du théâtre dans sa vie mondaine : les dîners avec ses amis, les invitations à Versailles, à Fontainebleau, le séjour à Vichy, aux Rochers... En Bretagne, elle voit des spectacles charmants joués par des amateurs, en ses provinces.
De la ville à la Cour, c est un ton piquant, ironique avec des élans bouleversants. La vie...

Extrait tiré de l'ouvrage :

« Enfin, ma bonne, j’ai reçu vos deux lettres à la fois. Ne m’accoutumerai-je jamais à ces manières de la poste ? La première poste n’est pas arrivée et je me trouble, je m’inquiète, et puis j’en ris, voyant bien que j’ai eu tort.

Mais il me semble que je me suis déjà corrigée de ces sottes vivacités, et je suis persuadée que j’avancerai encore dans ce chemin où vous me conduisez, en me persuadant bien fortement que le fonds de votre amitié pour moi est invariable. Je souhaite de mettre en œuvre toutes les résolutions que j’ai prises sur mes réflexions. Je deviendrai parfaite sur la fin de ma vie. Enfin, ma très chère, il faut se souffrir, et l’on peut quasi toujours dire, en comparaison de l’éternité : Vous n’avez plus guère à souffrir, comme dit la chanson.
Je ne comprends pas que mes lettres puissent divertir ce Grignan. Que fait-il de tout cela ? il faut qu’il saute par-dessus les réflexions pour trouver un endroit qui lui plaise.
Ma bonne, cette lettre devient infinie. C’est un torrent retenu que je ne puis arrêter. Répondez-y trois mots, et conservez-vous et reposez-vous, et que je puisse vous revoir et vous embrasser de tout mon cœur : c’est le but de mes désirs.
Adieu, ma chère bonne. Adieu, monsieur le Comte. Je suis à vous. Embrassez-moi tant que vous voudrez. Adieu, ma très chère et très loyale : j’aime fort ce mot. Ne vous ai-je pas donné du cordialement ? Nous épuisons tous les mots. Je suis entièrement à vous, ma très aimable et très chère.
Je suis au désespoir que vous ayez eu le texte de Bajazet, la tragédie de Racine, par d’autres que par moi… Je « voulais » vous « envoyer » la Champmeslé pour vous réchauffer la pièce… Cette comédienne est quelque chose de si extraordinaire qu’en votre vie, vous n’avez rien vu de pareil. C’est la comédienne que l’on cherche et non pas la comédie ; j’ai vu Ariane de Thomas Corneille, pour elle seule. Cette comédie est fade, les comédiens sont maudits, mais quand la Champmeslé arrive, on entend un murmure, tout le monde est ravi, et l’on pleure de son désespoir… Sans elle, le texte de Bajazet perd la moitié de ses attraits. Le personnage de Bajazet est glacé. (Aparté : Il n’y a pas que moi…) Les mœurs des Turcs y sont mal observées ; ils ne font point tant de façons pour se marier. Le dénouement n’est point bien préparé ; on n’entre point dans les raisons de cette grande tuerie. Il y a pourtant des choses agréables ; mais rien de parfaitement beau, rien qui enlève, point de ces tirades de Corneille qui font frissonner… Je suis folle de Corneille ; il nous redonnera encore une Pulchérie où l’on verra encore
« La main qui crayonna
La mort du grand Pompée et l’amour de Cinna ».
Il faut que tout cède au génie de notre ami Corneille…
Ma fille, gardons-nous bien de lui comparer Racine ; sentons-en la différence. Il y a des endroits froids et faibles, et jamais Racine n’ira plus loin qu’Alexandre et qu’Andromaque. Bajazet est au-dessous, c’est le sentiment de bien des gens, et aussi le mien si j’ose me citer. Racine fait des comédies pour la Champmeslé ; ce n’est pas pour les siècles à venir. » Entendez Roxane :
Roxane
Je ne vous ferai point de reproches frivoles :
Les moments sont trop chers pour les perdre en paroles [...]
Malgré tout mon amour, si je n’ai pu vous plaire…

« Mais enfin, quand Racine ne sera plus jeune et qu’il cessera d’être amoureux, ce ne sera plus la même chose. Vive donc notre vieil ami Corneille ! Pardonnons-lui de méchants vers, en faveur des sublimes beautés mais ils nous transportent ; ce sont des traits de maître qui sont inimitables. Boileau en dit encore plus que moi, et en un mot, c’est le bon goût ; tenez-vous y… Ma fille ! »

Du même auteur:

Hamel Francoise
Les années 1850. Coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte qui instaure le Second Empire, foulant au pied toutes les promesses républicaines. Intellectuels et opposants se retrouvent emprisonnés ou proscrits.

Victor Hugo échappe de peu. Par la Belgique, il gagne l’Angleterre et Jersey, puis s’exile à Guernesey.

Cette absence a duré dix-neuf ans et neuf mois. Qu’a-t-il fait pendant ces longues années ? Il a essayé de ne pas être inutile. La seule belle chose de cette absence, c’est que lui, misérable, les misères sont venues le trouver ; les naufrages ont demandé secours à ce naufragé. Non seulement les individus, mais les peuples ; non seulement les peuples, mais les consciences ; non seulement les consciences, mais les vérités. Il lui a été donné de tendre la main du haut de son écueil à l’idéal tombé dans le gouffre ; il lui semblait par moments que l’avenir en détresse tâchait d’aborder à son rocher. Qu’était-il pourtant ? Peu de chose. Un effort vivant. En présence de toutes les mauvaises forces conjurées et triomphantes, qu’est-ce qu’une volonté ? Rien, si elle représente l’égoïsme ; tout, si elle représente le droit.
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