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9782916724218
Gautier / Dumas, Fracasse et d'Artagnan chez les tzars
Une œuvre de Coustreil/akerib
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Cet article a été constaté en stock le 4 mai 2021.
Ouvrage broché portant le numéro ISBN 9782916724218, vendu 15 € et classé au rayon « Littérature », publié le 08 mars 2011 par les éditions TriArtis et d'un poids de 200 grammes.
1858-1859. Alexandre Dumas et Théophile Gautier voyagent en Russie.Dumas, l homme des Mousquetaires, véritable gloire nationale, chevauche de place en place et met sa plume au service de l action, racontant ses aventures et ses rencontres, s étonnant de tout. Il fêtera ses 57 ans entre Saint-Pétersbourg et Moscou avant d affronter les dangers du Caucase. Gautier, écrivain renommé et critique influent, regarde en poète et en artiste, s attache à décrire les paysages, les architectures et les costumes qui le fascinent et s émerveille de la neige étincelante. Un pays, vu et ressenti au même moment mais de manières résolument distinctes par ces deux grands de la littérature française qui se côtoient à Paris, mais ne se rencontreront jamais en Russie.
Cette « correspondance intempestive » est une fiction, librement adaptée de leurs récits de voyage, biographies et lettres à leurs proches, dont elle extrait, synthétise et parfois détourne des instants. Elle n a d autre prétention que de refléter la curiosité et l admiration que nous avons éprouvées face aux témoignages de ces grands auteurs, d inciter le lecteur à lire ou à les relire leurs écrits dans leur intégralité et leur intégrité.

Extraits tirés de l'ouvrage :

« Notre bateau emprunte son nom à Vladimir, lequel était, autant que je puis me le rappeler au milieu de la Baltique sans dictionnaire et sans biographie, un des trois fils de Sviatoslav, grand prince de la Russie. L’histoire vous dira comment Vladimir devint grand ; je me bornerai à vous dire comment il devint saint.
D’abord, il tua son frère, comme Romulus ; ce qui lui fit double part. Puis il épousa six femmes, et eut huit cents concubines, juste le chiffre de Salomon. On lui avait proposé quatre religions ; car vous supposez bien qu’un homme qui a commencé par tuer son frère, violer les princesses, avoir six femmes et huit cents concubines, est éclectique en matière de culte. Mais Vladimir voulait faire une fin.
La première religion qu’on lui proposa fut la musulmane. Vladimir secoua la tête.
– Je ne veux pas, dit-il, d’une religion qui interdit le vin, liqueur indispensable aux Russes, et qui fait leur joie.
En conséquence, il repoussa la religion mahométane. On lui proposa le catholicisme ; mais il secoua une seconde fois la tête. Le pape l’offusquait.
– Je veux bien, dit-il, reconnaître un Dieu au ciel, mais je n’en veux pas reconnaître sur la terre.
On lui proposa le judaïsme. Mais le néophyte répondit :
– Il ne me paraît pas sensé de prendre rang parmi des vagabonds punis par le ciel, et de partager la punition d’un crime que je n’ai pas commis.
Enfin, on lui proposa la religion grecque. Je ne sais quels mérites militèrent en faveur de celle-là, mais je sais qu’il l’adopta.
Or, comme Vladimir ne savait pas faire les choses à demi, à peine eut-il adopté sa nouvelle religion qu’il dépouilla, au profit de son nouveau Dieu, les faux dieux qu’il avait adorés jusque-là, les fit fouetter de verges par ses gardes, et, les attachant et les traînant à la queue des chevaux, les fit précipiter dans le Dniepr. Puis, pour que la grâce qui l’avait si miraculeusement touché s’étendît à ses sujets, il commanda de réunir tous ses peuples comme des troupeaux, les poussa sur le bord des fleuves, les y fit baptiser par milliers, poussant à la suite d’une foule une autre foule, et donnant à dix mille hommes à la fois le nom du même saint. Tous ces mérites furent récompensés, et le fils de Sviatoslav ajouta au calendrier le nom d’un nouveau saint : Vladimir.
Nul ne peut aller à la rencontre de la Russie sans être saisi, par la puissance du lien entre les saints et les tzars.
Alexandre Dumas »
« Savez-vous ce que je recherche pour ma part en Russie ? Quand je pars en voyage, je commence par laisser à Paris mes verges de critique et mon masque de « Français arbitre du goût ». Je ne me dis pas comme certains Perrichon (dont vous n’êtes grands dieux pas !) : « Allons nous comparer sur place au reste du genre humain et savourer à l’étranger le plaisir chauvin d’arriver de Paris, d’en être et d’en parler à table d’hôte ». Quant à ma méthode, c’est celle de Lord Byron. Je voyage pour voyager, c’est-à-dire pour voir et jouir des aspects nouveaux, pour me déplacer, sortir de moi-même et des autres. Je voyage pour réaliser un rêve tout bêtement, pour changer de peau. J’irai en Russie pour la neige, le caviar et l’art byzantin.
Théophile Gautier »

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