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9782916724355
Rousseau / Voltaire, le combat du siècle
Une œuvre de Gerald Stehr
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Cet article a été constaté en stock le 15 juin 2021.
Ouvrage broché portant le numéro ISBN 9782916724355, vendu 10 € et classé au rayon « Littérature », publié le 02 juillet 2012 par les éditions TriArtis et d'un poids de 80 grammes.
Si, pour la postérité, au nom de la patrie reconnaissante, un graveur a réuni Rousseau et Voltaire conduit par un génie commun au temple de la gloire et de l'immortalité, de leur vivant, ces deux-là se détestèrent passionnément jusqu'à la déraison. Cela commence par de la fausse révérence de la part de Rousseau et de l'ironie piquante de la part de Voltaire, pour finir par une querelle de voyous philosophes. Si l'on devait user de comparaisons sportives, ce combat du siècle s'ouvre par une joute d'escrime démouchetée et finit par une rixe avec son arrachage d'oreille à la Mike Tyson. En effet, cette haine réciproque va s'exprimer avec une rare inventivité : lettre privée rendue publique circulant dans les salons, sans l'accord préalable du destinataire, lettre anonyme, ou signée par un auteur de fantaisie, lettre attribuée à un tiers, colportage de rumeurs calomnieuses, dénonciations, délations - dont certaines auraient pu avoir des conséquences judiciaires dramatiques. En somme, ces deux-là se sont pourris la vie. Néanmoins, leur aveuglante détestation n'est pas sans raison. Ils perçoivent chez l'autre, derrière le génie philosophique, le génie civil qui va, pour bâtir un nouveau monde, détruire le monde féodal où chacun d'eux tire son assise et un reste de préjugés. Ils sont lucides sur le caractère explosif contenu dans l'oeuvre de l'autre, et peut-être plus encore intuitivement anticipent-ils que l'addition de leurs substances va produire une sorte de nitroglycérine philosophique.

Extraits tirés de l'ouvrage :

« ROUSSEAU
Vous me parlez de ce Voltaire ?
Pourquoi le nom de ce baladin souille-t-il vos lettres ?
Le malheureux a perdu ma patrie ; je le haïrais davantage, si je le méprisais moins. Je ne vois dans ses grands talents qu’un opprobre de plus, qui le déshonore par l’indigne usage qu’il en fait. Ô Genevois ! Il vous paie bien de l’asile que vous lui avez donné, il ne savait plus où aller faire du mal, vous serez ses dernières victimes.
VOLTAIRE
Monsieur Tronchin me répondit que, puisqu’il ne pouvait pas me guérir de la manie de faire encore des pièces de théâtre à mon âge, il désespérait de guérir Jean-Jacques. Nous restâmes l’un et l’autre fort malades, chacun de notre côté.
ROUSSEAU excédé…
Montmorency, le 17 juin 1760
Je ne vous aime point, Monsieur ; vous m’avez fait les maux qui pouvaient m’être les plus sensibles, à moi, votre disciple et votre enthousiaste.
Vous avez perdu Genève pour le prix d’asile que vous y avez reçu.
Vous avez aliéné de moi mes concitoyens pour le prix des applaudissements que je vous ai prodigués parmi eux.
C’est vous qui me rendez le séjour de mon pays insupportable ; c’est vous qui me ferez mourir en terre étrangère, privé de toutes les consolations des mourants, et jeté pour tout honneur dans une voirie, tandis que tous les honneurs qu’un homme peut attendre vous accompagneront dans mon pays.
Je vous hais, enfin, puisque vous l’avez voulu ; mais je vous hais en homme encore plus digne de vous aimer si vous l’aviez voulu.
De tous les sentiments dont mon cœur était pénétré pour vous, il n’y reste que l’admiration qu’on ne peut refuser à votre beau génie, et l’amour de vos écrits.
Si je ne puis honorer en vous que vos talents, ce n’est pas ma faute.
Je ne manquerai jamais au respect qui leur est dû, ni aux procédés que ce respect exige.
Adieu, Monsieur.
VOLTAIRE
J’ai reçu une grande lettre de Jean-Jacques Rousseau, il est devenu tout à fait fou, c’est dommage.
C’est une lettre pour laquelle il faut le baigner et lui donner des bouillons rafraîchissants. »
« Quelle chose douloureuse et mélancolique de penser que lorsqu’on se quitte, c’est peut-être pour toujours !
Théodore Rousseau, mon ami, toi, le paysagiste solitaire, tu étais un causeur remarquable ; tu parlais bien de toutes choses et surtout de ton art. Une vieille ardeur inextinguible t’empêchait de sentir la fatigue ; tu étais animé, prêt à la théorie, au paradoxe et à l’esthétique.
Lors de notre dernière promenade, nous traversions lentement les jardins des Tuileries. Un arbre d’un jet superbe et le tronc à demi enveloppé de lierre, comme une colonne, nous frappa. Nous trouvions à cet arbre une élégance particulière, mondaine pour ainsi dire et fashionable. Il y a, disions-nous, des arbres sauvages, des arbres paysans, des arbres bourgeois, des arbres dandies ; celui-ci en est un.
Tes grands yeux d’artiste s’étaient illuminés, et déjà le tableau se composait dans ta tête, et ton doigt levé, suivant le contour des choses, en esquissait les principales lignes. Ce rêve t’occupait déjà tout entier ; tu voulais peindre l’arbre des cités après avoir si bien peint l’arbre des forêts, et, nous donnant une brusque poignée de main, tu nous quittas en nous jetant ces mots :
« Ce tableau, je le ferai. »
Ce tableau, tu ne l’as pas fait. »

Du même auteur:

Gérald Stehr, Arth(...)
Dites-moi à quelle heure je dois être transporté a bord «Si j'avais le moyen de voyager, sans être force de séjourner pour travailler et gagner l'existence, on ne me verrait pas deux mois a la même place. Le monde est très grand, et plein de contrées magnifiques que l'existence de mule hommes ne suffirait pas a visiter. Mais d'un autre côté, je ne voudrais pas vagabonder dans la misère, je voudrais avoir quelques milliers de francs de rentes, et pouvoir passer l'année dans deux ou trois contrées différentes, en vivant modestement, et en faisant quelques petits trafics pour payer mes frais. Mais pour vivre toujours au même lieu, je trouverai toujours cela très malheureux.»
Arthur Rimbaud, Très jeune, II fugue pour rencontrer A Paris des poètes, dont Verlaine, avec lequel il entame une vie d'errance. Après leur querelle, qui vaudra deux ans de prison a Verlaine, il publie Une saison en enfer. A partir de 1874, II ne cessera de voyager, occupant divers petits emplois dans de nombreux pays. En 1880, il part pour l'Afrique où il passera ses dernières années, négociant et trafiquant du Yémen a l’Éthiopie et en l'Abyssinie, avant de revenir mourir en France.
Gerald Stehr, Peintre et écrivain, membre fondateur d'un groupe d'artistes parisiens, Gérald Stehr est auteur de scenarios et de pièces de théâtre pour les enfants. II écrit les textes de certains illustrateurs de l'Ecole des loisirs, dont son frère Frédéric Stehr. Pour le Festival de la correspondance de Grignan, entre autres, il a réalisé de nombreuses adaptations théâtrales.
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Au soir de sa vie, le célèbre naturaliste Charles Darwin établit sa biographie avec l’aide de son fils Francis. Il se moque des programmes universitaires de Cambridge qui l’auront bien ennuyé. « Triple zéro ! », les qualifie-t-il. Il se souvient de son père qui le pousse à devenir médecin, puis clergyman, alors qu’il n’a qu’une passion depuis l’enfance : collectionner minéraux et insectes, classer tout ce qui peut s’étudier dans le domaine des sciences naturelles et de la biologie. Engagé comme naturaliste durant cinq années à bord du Beagle, Darwin gagne le sobriquet d’attrapeur de mouches par ses compagnons d’expédition. Ce tour du monde maritime déterminera ses recherches et écrits sur l’évolution et la sélection naturelle des espèces vivantes. Interrogé sur l’existence de Dieu, voire d’une intelligence supérieure à l’origine de toute création, Darwin en absence de preuves scientifiques nous surprend en disant «?ne reste que le doute... » En révolutionnaire scientifique connu pour sa lucidité, il se plaisait aussi à lancer des traits d'esprit : « Ainsi nous descendrions du singe ? J’espère que cela n’est pas vrai. Mais si cela est vrai, prions pour que cela ne s’ébruite pas ! »
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Adam Leguirrec a l'intention d'écrire une pièce de théâtre d'après le film Le Golem, comment il vint à la vie ?, tourné en 1914 par Wegener. Il prend contact avec une historienne, Lucie de Garram, qui a consacré au Golem un chapitre entier de son livre Cinémascope et propagande dans l'Europe centrale de la Grande Guerre. La pièce d'Adam Leguirrec cherche à développer la métaphore de la civilisation industrielle et commerciale devenue incontrôlable, laquelle, échappant à ses créateurs, se retourne contre eux, avec comme fond la Première Guerre mondiale. Mais au fur et à mesure de leur échange épistolaire sur la nature du cinémascope et son utilisation propagandiste aussi bien dans le commerce, dans la colonisation, que dans la guerre - où, tour à tour, ils rivalisent de trouvailles en s'envoyant des lettres de militaires, d'inventeurs et de psychiatres dont certaines sont abracadabrantesques -, il apparaît que l'homme a conçu un Golem de dernière génération, non à base de glaise mais d'électronique, un Golem bien plus terrifiant que ses ancêtres d'argile et qui lui aussi est en voie de devenir incontrôlable, un Golem virtuel.
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Couverture et quatrième indisponibles !
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Le 9 mars 1890, Tchékhov annonce à son ami Souvorine qu il compte se rendre à Sakhaline: « le seul endroit où l on puisse étudier une colonie faite de criminels ». Il déplore que ce soit lui qui fasse le voyage, et non quelqu un de plus qualifié, capable d éveiller les esprits.
D ouest en est, il va traverser les onze mille kilomètres de la Sibérie pour rejoindre cette île du Pacifique.
Au fil des lettres qu il expédie aux siens, le voyageur découvre les paysages, souffre de la faim et du froid, prend conscience enfin des conditions de vie des exilés sibériens.
Cette adaptation libre de la correspondance de Tchékhov à ses proches, sur sa route pour l enfer des bagnes, est une invitation à lire le témoignage bouleversant qu il écrira à son retour : L Ile de Sakhaline.
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La faiblesse des honoraires versés par les éditeurs de l'Encyclopédie et la nécessité de doter sa fille conduisent Diderot à vendre sa bibliothèque. Catherine II aime les belles lettres, les beaux livres, les belles bibliothèques. Elle est preneur. La transaction se conclut dans des conditions si avantageuses que Diderot se sent obligé, en retour, d'accepter l'invitation de l'Impératrice. A Saint Pétersbourg, du 9 octobre 1773 au 5 mars 1774, Diderot et Catherine II vont s'entretenir presque quotidiennement. Ils s'apprécient beaucoup, jusqu'à oublier dans leurs propos leur condition respective. Avec l'entrée en Histoire du beau Potemkine, prince, ministre, puis époux, Catherine II renoue avec le despotisme. Tandis que le philosophe, si déférent envers sa bienfaitrice, retrouve sa liberté de penser et lui apostille un brûlot, ses : Observations sur les instructions de Sa Majesté Impériale pour la confection des Lois.
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