SOLEILS diffusion - distribution
23, rue de Fleurus - 75006 Paris - Tel: 01 45 48 84 62 - Fax: 01 42 84 13 36

Logo SOLEILS

Fiche article

9782916724461
EDGAR POE, le fantôme de Baudelaire
Une œuvre de Gerald Stehr
Ouvrage broché portant le numéro ISBN 9782916724461, vendu 10 € et classé au rayon « Littérature », publié le 05 juin 2013 par les éditions TriArtis et d'un poids de 200 grammes.
Pas de résumé disponible...

Extrait tiré de l'ouvrage :

« Baudelaire
La poésie n’a pas d’autre but qu’elle-même !
Elle ne peut pas en avoir d’autre !
Et aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aura été écrit uniquement pour le plaisir d’écrire un poème.
Je ne veux pas dire que la poésie n’ennoblisse pas les mœurs – comprenez-moi bien !
Affirmer que son résultat final ne soit pas d’élever l’homme au-dessus du niveau des intérêts vulgaires, ce serait évidemment une absurdité.
Ce que je dis, c’est que : si le poète a poursuivi un but moral, il a diminué sa force poétique.
Et il n’est pas imprudent de parier que son œuvre sera mauvaise.
La poésie ne peut pas, sous peine de mort ou de défaillance, s’assimiler à la science ou à la morale ; elle n’a pas la vérité pour objet, elle n’a qu’elle-même.
Les modes de démonstration de vérité sont autres et sont ailleurs.
La vérité n’a rien à faire avec les chansons.
Barbey d’Aurevilly
Pour faire des chansons ! Était-ce donc la peine d’avoir tant de facultés en puissance ?
Quoi !
Tout cela est agité, orageux, terrible, presque fou, et peut faire passer un frisson sur la peau et sur l’âme, mais n’y entre pas, si l’on a une croyance solide, une foi religieuse, une certitude.
Tout cela – des contes d’ogre pour des enfants qui se croient des hommes – n’a qu’une prise d’un moment sur l’imagination du lecteur et manque, comme impression d’art, de profondeur et de vraie beauté.
C’est le machiavélique côté du génie d’Edgar Allan Poe qui touche ici à la rouerie profonde du jongleur, et où le poète, ce spontané divin, expire dans les exhibitions affreuses du charlatan et du travailleur américain !
Car il est américain, quoi qu’il fasse, cet homme qui détestait l’Amérique, et que l’Amérique, mère de
ses vices et de sa misère, a poussé au suicide contre elle. Fatalité de l’origine et de la race ! On n’efface jamais à son front sa nationalité ou sa naissance. Edgar Allan Poe, le bohème de génie, n’est après tout ni plus ni moins qu’un Américain, l’énergique produit et l’antithèse du monde américain des États-Unis !
Baudelaire
Les États-Unis sont un pays gigantesque et enfant, naturellement jaloux du vieux continent. Fier de son développement matériel, anormal et presque monstrueux, ce nouveau venu dans l’histoire a une foi naïve dans la toute-puissance de l’industrie ; il est convaincu, comme quelques malheureux parmi nous, qu’elle finira par manger le Diable.
Le temps et l’argent ont là-bas une valeur si grande !
L’activité matérielle, exagérée jusqu’aux proportions d’une manie nationale, laisse dans les esprits bien peu de place pour les choses qui ne sont pas de la terre.
Oui, mais…
Poe était là-bas un cerveau singulièrement solitaire.
Barbey d’Aurevilly
Oui, mais… il n’est pas bon que l’homme soit seul, a dit le Saint Livre.
Et Poe, ce Byron-bohème, vécut seul toute sa vie et mourut comme il avait vécu,
– ivre et seul !
ivre et seul !
Au milieu des intérêts haletants de ce pays de la matière, Poe, ce Robinson de la poésie, perdu, naufragé dans ce vaste désert d’hommes, rêvait éveillé, tout en délibérant sur la dose d’opium à prendre pour avoir au moins de vrais rêves, d’honnêtes mensonges, une supportable irréalité ; et toute l’énergie de son talent, comme sa vie, s’absorba dans une analyse enragée, et qu’il recommençait toujours, des tortures de sa solitude. Évidemment, s’il avait été un autre homme, il aurait pu combler, avec des affections fortes ou des vertus domestiques, cette solitude qui a fait pis que de dévorer son génie, car elle l’a dépravé. Seulement, pour cela, il lui eût fallu le bénéfice et le soutien d’une éducation morale quelconque, et l’on se demande avec pitié ce que fut la sienne, à lui, le fils d’une actrice et de l’aventure, dans une société qui a trouvé, un beau matin, les Mormons au fond de ses mœurs ! On se le demande, sans pouvoir y répondre. »

Du même éditeur:

10.00 €
9782490198061
10.00 €
9782490198023
10.00 €
9782490198054
10.00 €
9782490198047
10.00 €
9782490198030
10.00 €
9782490198016
10.00 €
9782490198009
10.00 €
9782916724997
10.00 €
9782916724430
10.00 €
9782916724973
10.00 €
9782916724980
30.00 €
9782916724959
18.00 €
9782916724966
10.00 €
9782916724942
10.00 €
9782916724928
10.00 €
9782916724935
15.00 €
9782916724898
10.00 €
9782916724904
10.00 €
9782916724911
10.00 €
9782916724881
10.00 €
9782916724874

Dans le même rayon:

18.00 €
9782374280257
25.00 €
9791035303334
13.00 €
9782373552904
16.00 €
9782373552898
18.00 €
9782848196725
9.00 €
9782956542148
12.00 €
9782915528589
15.00 €
9782373552881
22.00 €
9791035303082
14.00 €
9782373552850
15.00 €
9782373552812
12.00 €
9782956542162
6.00 €
9782956542186
9.00 €
9782956542179
6.00 €
9782490873012
6.00 €
9782956542193
12.00 €
9782355020964
7.00 €
9782930188027
16.00 €
9782917352205
25.00 €
9782353744237
30.00 €
9782919483631